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1 jour / 1 œuvre

18.03.2024
Bettina Samson

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Horloges. 2019. Série de vingt-et-une sculptures.

Cônes pyrométriques, céramique.15 × 3 × 2 cm approximativement.

Photo © Bettina Samson

Horloge (2019) est une petite sculpture murale attirant le regard vers l’échelle de l’intime. Les cônes pyrométriques qui la composent se sont affaissés jusqu’à vitrification. Habituellement, leurs degrés de courbure donnent aux céramistes une indication visuelle très précise des différents paliers de température atteints pendant la cuisson.
Déplaçant le vocabulaire technique de la céramique, l'artiste transforme ces éléments éphémères blanchâtres qu'elle enfonce en dehors de tout ordre fonctionnel dans un rectangle de céramique, accentuant son façonnage par le hasard, jusqu'à créer ces séries de crocs recourbés ou encore ces "liquéfactions" qu'elle présente dans une démarche sculpturale en l’accrochant au mur, tournés simplement vers nous à hauteur du regard.

Biographie de Bettina Samson :

 

Née à Paris en 1978, Bettina Samson vit et travaille à Aubervilliers et Paris, France.
Assumant l'élan vitaliste qui caractérise son travail, ce n'est que tout récemment que l'artiste dévoile à propos de l'origine dans ses pièces une dimension cathartique traduisant l'expérience intime qu'elle fait de manière récurrente, depuis sa naissance, de l'épuisement du souffle et de la survie, et des conséquences sur elle de l'occultation de la douleur dans les traitements de la maladie infantile et juvénile et des inégalités de genre entretenues par la médecine. L'artiste développe depuis ses études à l'ENSBA de Lyon, en 2003, et l'approfondissement de son travail à Marseille jusqu'à fin 2009, une pratique plastique protéiforme composée principalement de sculptures, d’installations in situ et de tirages grand format de photogrammes.
Ses recherches se nourrissent de références à des expériences pionnières de l'histoire d'une modernité appréhendée dans ses formes subsidiaires, subalternes, organiques ou oubliées, dont elle croise et fait circuler les champs à travers des anecdotes parallèles. Au gré du parcours de l’artiste s’opèrent des allers-retours entre fables éclairées à contre-jour, archéologie des avant-gardes artistiques et conquête technologique du visible, perceptions réelles, hypothétiques ou hallucinatoires.
Ses œuvres sont le récit des formes transformées, le lieu organique où se nouent des liens entre culture populaire et utopies, artisanat et mathématiques, architecture et sciences naturelles, animation et animisme, danse et transe, subversion et résistance souterraine, féminisme et communauté millénariste extatique, infiltration dans les process industriels et Atlantique Noire, cosmétique et 7è continent, expérience de la maladie, figure de la Final Girl et vengeance...
Pour chaque projet, l'artiste détermine avec soin les processus, matériaux et techniques, souvent artisanaux, aptes à condenser ses recherches. Elle n'hésite pas à intégrer l’accident, les coïncidences ou les scories aux formes plus improvisées. Le récit laisse le pas, pour ainsi dire, à des “précipités” : installations élaborées à partir d’un contexte ou d’un site industriel spécifique, sculptures en verre ou en céramique brute, photogrammes réalisés sans lumière visible, pièces issues d'accidents, scanogramme se faisant passer pour une peinture...
Attentive aux rapports d’échelle, à la mise en espace et à la temporalité de l’exposition, l'artiste laisse jouer, à travers les œuvres, une traversée des dimensions, des principes analogues de réversibilité, de retournement et de continuité entre forme et informe, appropriation et métamorphose, intérieur et extérieur.

« L'expérimentation est au cœur toujours dévié de ma pratique : elle donne corps, dans les installations in situ, au désir de nouvelles formes d'articulations. Au contexte historique et environnemental mais aussi à la manière dont ces formes se manifestent, ou manifestent discrètement.

Les recherches que je mène portent un intérêt tout particulier aux formes subsidiaires, subalternes ou oubliées des expériences pionnières, ainsi qu'aux corps et aux gestes éclipsés des récits historiques.

Cette attitude innerve aussi tout simplement l'atelier : sans trop le vouloir, une place importante est réservée à l'accident, au détournement, au jeu. Mes sculptures, installations et photogrammes, très variés dans leurs formats et leurs matériaux, peuvent être appréhendés comme des sortes de "précipités". Alors même que chaque précipité contient déjà de nouveaux départs, on les appréhende sans cesse dans leur inquiétante étrangeté.

L'accident, le précipité, les "manifestations" sont les marqueurs de mon histoire intime, scandée par des expériences limites depuis ma naissance, répétition d'une danse cyclique qui met en jeu la maladie, la survie, et la tentative de composer avec tout cela. »

– Bettina Samson

Le travail de Bettina Samson sera présenté lors de notre exposition “He Needs Me. 30 ans de la Collection Veys-Verhaevert.”

/!\ Cette pièce ne fait pas partie de la collection de Christophe Veys.

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