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04.04.2024
Bérengère Hénin

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Autoportraits en Carpe XV - L’artiste est honorée de rejoindre une prestigieuse collection. 2021-2022.

Série de 16 lithographies. 65 x 50 cm.

Photo © Bérengère Hénin

Biographie de Bérengère Hénin :

 

Née en 1983 à Paris, Bérengère Henin vit et travaille à Malakoff. Diplômée de l’école Estienne en gravure ( 2001-2004 ) puis des Beaux-Arts de Paris ( 2004-2009 ), elle a également étudié la linguistique à l’université Paris 7 ( 2005-2008 ). Au moyen de la vidéo, du dessin, ou de l'installation, l'artiste revisite avec humour et ironie l'histoire de l'art et les références populaires.

Cette série de lithographies imprimées au sein de [l’Atelier Clot] et à Fleur de Pierre, s'inscrit dans le prolongement d'une résidence à la maroquinerie de l'Allan en 2020, dans le cadre du programme de résidences d'artistes de la Fondation d'entreprise Hermès.
Bérengère Henin y avait réalisé un autoportrait en carpe. Un Big Mouth Billy Bass, trophée de pêche kitschissime, a servi de support. Parallèlement à la mise en place de cette sculpture, Bérengère Henin a dessiné son nouvel avatar dans différentes mises en scène. Ces dessins ont donné lieu à un travail lithographique. La série Autoportraits en Carpe raconte quelques étapes communes de la vie d'artiste. Elle en montre les espoirs, les moments d'euphorie, de doute ou les aspirations avec humour et auto-dérision.
Le travail au sein de [l’Atelier Clot] a amené l'artiste à un certain lâcher prise. Elle s'est laissée gagner par les lavis que la sédimentation calcaire rend si particuliers, par les noirs si profonds que permet la finesse des grains de la pierre et c'est un hommage sensuel à la lithographie qui se décline dans ses aventures aquatiques.

– Exposition à l’Atelier Clot. Paris, France. 2023.

« [...] Tout cela grince et suggère une philosophie du doute. Ce que Bérengère Hénin moque ici, c’est la prétention à l’autorité dont font preuve de nombreux discours sur l’art, qu’ils soient communicationnels, pédagogiques ou érudits. Et la place étouffante qu’ils prennent parfois… l’art comme poncif, en somme. Cette posture critique lui permet pourtant de faire œuvre, avec un sens de la dérision remarquable, et de pointer sa propre pratique comme relevant de la vanité, à tous les sens du terme.
[...] Dans cette manière ouverte de brocarder le monde de l’art tout en s’y incluant, l’artiste s’amuse aussi à tourner en ridicule certaines hiérarchies du bon goût : dans Toise, elle classe des stars du monde de l’art en fonction de leur taille, en mimant les annotations faites au crayon sur le mur par des parents soucieux de conserver le souvenir de la croissance de leurs enfants – un geste désacralisant qui égratigne au passage l’arrogance des classements, et leur arbitraire. Lorsqu’elle orchestre la rencontre entre le milieu de l’art et celui des battles – défis de mots que se lancent les slammeurs, le même désir de désacralisation se perçoit. 
Au passage, on sent chez l’artiste un intérêt pour le langage dans sa dimension conceptuelle autant que dans sa logique oulipienne : elle s’approprie le titre et les règles d’une émission de télé célèbre, Yo Momma, qui filme des battles de TA MERE aux États-­Unis. Mais chez Bérengère Hénin, Yo Momma devient Yo MoMA, le musée d’art moderne de la ville de New York, et les battles se voient truffées de références à l ‘histoire de l’art. Le remake est déconcertant de naturel : en bonne héritière de Dada, du surréalisme, du pop art et du post-­‐modernisme, l’artiste poursuit le grand décloisonnement entrepris voici cent ans entre culture savante et culture populaire, en ayant aussi appris d’artistes plus proches — Ed Ruscha ou Claude Closky — comment entrelacer les esthétiques pop et conceptuelle, et reprendre certains aspects de l’art conceptuel sans forcément en partager le sérieux. [...]

Ce qui traverse l’exposition de Bérengère Hénin à Pontmain est décidemment cette aptitude à fusionner désespérance et causticité, sur des bases systématiquement dialectiques (haut/bas, élitisme/art populaire, idiotie/intelligence). Au gré d’œuvres éclectiques d’un point de vue formel, l’artiste déploie sa pensée sous forme de ‘‘sampling’’ visuel où le travail de reprise ou de relecture éclaircit le statut et le fonctionnement de l’image. Une approche réflexive et auto-critique où le rire laisse peu de place à la complaisance arty. »

– ‘‘Life Is Short, Play.’’ Éva Prouteau.

Le travail de Bérengère Hénin sera présenté lors de notre exposition “He Needs Me. 30 ans de la Collection Veys-Verhaevert.”

/!\ Cette pièce ne fait pas partie de la collection de Christophe Veys.

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